Mercedes Sprinter : le 4×4 est-il vraiment indispensable ?

L’an dernier, un Mercedes Sprinter sur dix était transformé en camping-car dans le monde ! Si la variante à tête motrice (50% des ventes) se taille la part du lion, le grand fourgon Mercedes n’est pas en reste, surtout dans sa version 4x4 très largement plébiscitée par les aventuriers... et les autres.

fourgon 4X4 Mercedes

Un Mercedes hyper polyvalent

Le Mercedes Sprinter est partout, ou presque. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la communauté croissante de professionnels qui le transforment en véhicule de confort et d’aventure. En France, ils sont aujourd’hui plus d’une vingtaine à le proposer, alors qu’ils étaient auparavant deux ou trois…

Le Mercedes Sprinter 4X4 ne connaît pas de réels concurrents. Il est perçu comme un véhicule robuste, confortable, à forte valeur ajoutée. On le retrouve naturellement en tête des préférences chez Diligence-Van, un spécialiste du véhicule d’aventure sur-mesure. « Le Mercedes Sprinter, c’est un véhicule hyper polyvalent, au volant duquel on peut enchainer les heures de conduite sans trop de fatigue. Ce n’est pas le cas sur l’Iveco Daily 4X4, sensiblement plus cher, d’abord conçu pour la piste et le tout-terrain. Il faut vraiment l’utiliser à 80 % pour ça » détaille Anthony, co-fondateur de Diligence-Van.

L’essentiel des ventes chez Hymer

Le Mercedes, on le retrouve également en bonne position chez des marques de grande diffusion. « Sur les fourgons, l’essentiel des ventes, pour ne pas dire la totalité, se fait en quatre roues motrices » reconnait-on chez Hymer, première des grandes marques à développer une offre aussi large en Mercedes Sprinter, disponible à la carte ou en série spéciale, prêt à partir. Le constructeur n’exclut pas une légère inflexion de la demande, après l’arrivée du Grand Canyon Xpérience (5,93 m). « C’est un véhicule en édition spéciale, parfaitement équipé, uniquement proposé en propulsion. Tout le monde n’a pas besoin du 4×4 ». Ce modèle Xpérience s’ajoute au Grand Canyon S 700 (6,97 m), proposé dans plusieurs motorisations et transmission. Étant entendu que le format long semble moins propice à la progression en tout-terrain, le S 700 prête bien au choix de la propulsion. Parmi les atouts du modèle, un grand couchage dans la longueur du véhicule, contrairement au S 600.

HYMER Grand Canyon S 600 Xpérience. Uniquement proposé en propulsion.

Parmi tous les voyageurs sur le Mercedes 4×4, combien se hasardent réellement dans le sable et les chemins boueux ? Une petite minorité sûrement. Les autres le retiennent plutôt pour la polyvalence et la performance en toutes circonstances. Une sorte d’assurance tous risques, en quelque sorte.

Poids et prix en hausse

En fonctionnement normal, la puissance se concentre à 100% sur l’essieu arrière. Plutôt que d’utiliser des blocages mécaniques traditionnels, le système Mercedes utilise la technologie 4ETS (système de traction électronique) qui freine automatiquement, sans intervention du conducteur, les roues qui patinent par de brèves impulsions. Cette intervention ciblée augmente proportionnellement le couple sur les roues disposant d’une meilleure adhérence. En d’autres termes, le système 4ETS est entièrement intégré au programme de stabilité électronique (ESP adaptatif).

Si un fourgon 4×4 inspire naturellement confiance, il implique aussi des contreparties importantes :

  • Un prix supérieur à l’achat (environ 15.000€ chez Hymer, comprenant la transmission intégrale, la motorisation 190 ch. et l’indispensable Finition Plus qui comprend notamment la BVA 9G Tronic,).
  • Plus de poids (150 kg). Ce qui affecte la charge utile maximale et réduit les configurations possibles en version VL (PTAC < 3500 kg). Passage obligatoire en PL pour concilier les 4 places CG et le toit relevable.
  • Plus de complexité mécanique : embrayage multidisques dans la boite de transfert entre les deux essieux.
  • Une consommation de carburant en hausse, liée au poids supérieur et aux pneumatiques tout terrain qui accompagnent généralement les versions 4×4.
  • Un centre de gravité plus haut (une garde au sol supérieure de 100 mm).
  • Une moindre agilité par rapport au propulsion.
Grand fourgon aménagé Mercedes
Proposé en deux longueurs, le Mercedes Sprinter laisse assez peu d’alternatives. Pour le confort, avantage à la version L3H2, retenue par l’aménageur breton Rocksalt.

« En réalité, très peu de voyageurs rencontrent des situations nécessitant impérativement une transmission intégrale »

« Beaucoup de clients nous contactent en pensant qu’un Mercedes Sprinter 4×4 est indispensable pour voyager librement, accéder aux plus beaux spots et sortir des sentiers battus » raconte Andy Coulter, concepteur de Rocksalt#1, un aménagement aussi atypique que séduisant sur un Mercedes Sprinter 317 CDI L3H2. « C’est précisément pour répondre à cette question que notre modèle de démonstration, avec lequel nous avons parcouru des milliers de kilomètres, n’est pas un 4X4, mais un fourgon à propulsion. En réalité, très peu de voyageurs rencontrent des situations nécessitant impérativement une transmission intégrale ».

Un 4X4 en pneus route, une hérésie

Alors, 4×4 ou propulsion ? Si la réponse ne soulève pas l’ombre d’un doute chez les grands voyageurs autour du monde, elle se pose chez les autres. Tout dépend de l’utilisation souhaitée… ou fantasmée. « En toute franchise, le 4X4, je l’ai enclenché que deux ou trois fois ces dix dernières années. C’est plus un avantage psychologique si je m’aventure sur un chemin pierreux, sans savoir ce qui m’attend au bout » confie Patrick, propriétaire de plusieurs Mercedes Sprinter 4X4.

Chez les spécialistes du 4×4, on insiste sur la nécessité d’adapter les pneus à l’utilisation du véhicule. « Un 4X4 en pneus route, c’est une hérésie. Quand bien même vous auriez quatre roues motrices, n’espérez pas sortir d’un stationnement sur l’herbe, avec l’humidité et la rosée du matin, avec des pneus route. Dans ce cas-là, il est préférable d’avoir un Mercedes propulsion en pneus tout-terrain. C’est un meilleur compromis, surtout avec le poids et le transfert de charge sur l’essieu moteur. C’est une configuration plus pertinente dans le cadre d’une utilisation loisir » analyse Anthony, de Diligence Van.

La propulsion, une transmission aux performances sous-estimées. (Photo Rocksalt).

La règle d’or de la conduite hors-piste : « aussi lent que possible, aussi rapide que nécessaire ».

Plus que les capacités et les performances du véhicule, c’est la technique de conduite qui importe le plus. Les spécialistes recommandent de bien lire le terrain et gérer l’adhérence, sans accélération excessive. Dès que le terrain devient meuble, ne pas hésiter à dégonfler les pneus, sous réserve de pouvoir les regonfler ensuite… Ne pas oublier le compresseur et les plaques de roulage pour se sortir d’un mauvais pas, toujours possible,… même en 4×4.

Ce qu’il ne faut jamais faire

  • Accélérer à fond quand ça patine
  • Tourner les roues à l’arrêt
  • S’arrêter dans une montée
  • Sous-estimer le poids du véhicule

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