Le nouveau VW Transporter 4Motion à l’épreuve de la piste  

Retour sur la « Transpyrénéenne », un parcours « off road » réalisé par l'aménageur Van Mania au volant de deux VW Transporter 4Motion : un T6.1 et le nouveau Transporter sorti en 2025.

Deux générations du Transporter

Des pistes poussiéreuses, une forte déclivité et de profondes ornières dans les chemins ravinés…  Les deux VW Transporter n’ont pas été épargnés durant ce long parcours à travers les Pyrénées. Bien qu’équipé de la transmission intégrale, le nouveau Transporter, autrement appelé T7 par certains – ce que Volkswagen réfute à faire-, ne pouvait se prévaloir du blocage de différentiel, contrairement au T6.1 qui l’accompagnait.

Un fabuleux voyage de 1200 km  sur le versant espagnol des Pyrénées. (photo @Alexbild.com)

Plus large, plus long

Fruit d’un partenariat décrié entre Volkswagen et Ford, le Transporter de nouvelle génération traine comme un fardeau ce péché originel et peine à s’imposer dans le secteur du van aménagé, pénalisé par un prix plus élevé et une calandre jugée inexpressive par rapport au Ford. Le nouveau Transporter avance quelques arguments spécifiques, comme une valeur de revente soutenue et une garantie constructeur de 5 ans dans la limite de 150 000 km.

« Alors que beaucoup le dénigre et le présente comme une copie à peine remaniée du Ford Custom, le nouveau Transporter m’a fait bonne impression dans l’ensemble, quel que soit le parcours, après avoir utilisé longuement un T6 en Islande. Son gabarit supérieur, plus large et plus long, le rend peut-être moins agile sur les pistes que le T6.1, mais il passe partout, sans encombre, bien aidé, il est vrai, par les gros pneus Loder AT1 qui l’équipaient » rembobine Alexis, engagé dans cette aventure et réalisateur de la très inspirante vidéo « Transpyrénéenne ».

Pilotage électronique

Le nouveau Transporter 4Motion n’est pas un vrai 4X4 permanent, mais plus un véhicule polyvalent, bien adapté à des usages très spécifiques sur routes humides et glissantes. Il utilise non pas un blocage mécanique permanent, comme un vrai 4×4, mais un embrayage multidisque piloté par l’électronique, le fameux système Haldex, développé par la société suédoise du même nom dans les années 1990, puis repris par le groupe allemand BorgWarner.

Le conducteur n’a rien à faire. Au mieux, il peut sélectionner le mode de conduite « hors route » lors des passages difficiles. Avec quel bénéfice ? La réponse revient à Nicolas Desmazure (alias Nico), de Van Mania. « C’est difficile à dire, car le résultat n’est pas immédiat, contrairement au blocage de différentiel, où les roues tournent physiquement en même temps. Néanmoins, ce mode de conduite modifie pas mal les choses, notamment dans la gestion du couple moteur à bas régime et la rapidité du transfert de la motricité de l’avant vers l’arrière ».

Le blocage de différentiel est-il vraiment indispensable ?

Au terme de ce parcours, la question se pose. « On se raconte beaucoup d’histoire autour du blocage de différentiel. Je l’ai utilisé en Islande lors des traversées de rivière, où il faut une vitesse constante pour pousser la vague. On se dit, c’est pas le moment de patiner. C’est rassurant dans certaines situations très particulières, mais, pour le reste, c’est plus discutable. D’ailleurs, le nouveau Transporter n’en était pas équipé durant la Transpyréenne ». 

Un dernier coup d’oeil sur la Méditerranée avant d’entamer la grande traversée des Pyrénées. Le Transporter T6.1 était également du voyage, en motorisation 150 et transmission intégrale 4Motion + blocage de différentiel. Il bénéficie de vraies compétences off road, sans aller trop loin dans la préparation. Parmi ses atouts, une suspension pneumatique VB Air, des pneus BF Goodrich Trail Terrain et un porte vélo utilisé pour le transport des caisses Peli, pelle et plaques. (photo @Alexbild.com)

Comment ça marche ?

VW utilise le nom commercial 4Motion pour toutes les transmissions intégrales. Cependant, le système utilisé n’est pas toujours le même : 4WD avec boite de transfert sur l’Amarok, ou différentiel central Torsen sur les anciens Touareg. Sur le Transporter à moteur transversal, c’est la technologie Haldex qui est retenue.

  • En conditions normales

Le système envoie la majeure partie sur couple aux roues à l’avant. Le véhicule se comporte comme un véhicule à traction avant.

  • Quand l’adhérence diminue

Le calculateur central analyse en temps réels toutes les informations du véhicule : l’accélération, la vitesse de rotation des quatre roues, l’angle de braquage, etc. L’ensemble de ces signaux permettent de détecter une perte d’adhérence. Dans ce cas, l’embrayage multidisque se referme progressivement et permet le transfert du couple vers l’essieu arrière.

Une préparation off road

Pour mener à bien cette expédition dans les Pyrénées, le nouveau Transporter a bénéficié d’une préparation « off road » conduite par Van Mania. Cette compétence supplémentaire, l’aménageur la développe de plus en plus et témoigne du parcours hors norme de son fondateur, Nicolas Desmazure, véritable touche-à-tout qui a grandi sur un bateau école et aménagé ses propres vans pour des voyages au long cours.

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Au-delà de l’accessoirisation du véhicule, montage de la galerie et du store 180°, les priorités ont porté sur le choix des pneumatiques et l’indispensable blindage du bas moteur et du pont arrière. « Clairement, on n’avait pas envie de laisser un carter sur un rocher. Ça peut vite arriver. On aurait pu pousser le vice jusqu’à protéger également le réservoir gasoil, mais la facture grimpe vite ».

Autre transformation, l’augmentation de la garde au sol, confiée à un kit rehausse Terranger et à des pneus Loder AT1, plus larges et plus hauts que la monte d’origine. « Ces deux facteurs cumulés nous ont permis de gagner près de 5 cm de garde au sol. À aucun moment, on a touché, alors que nous sommes passés dans des endroits bien encaissés » poursuit Nicolas. Le montage des pneus Loder exigea au préalable l’installation de quatre élargisseurs de voie.

Un mobilier garanti à vie

Dur à l’épreuve, le mobilier Van Mania (garanti à vie) n’a pas souffert des soubresauts de la route. Le nouveau Transporter était équipé de l’aménagement SUD 4 personnes, avec banquette homologuée convertible. À l’inverse du VW California, la cuisine se trouve près de la porte coulissante, sur le côté droit, ce qui permet de cuisiner de l’intérieur et de l’extérieur. La personnalisation est au cœur de l’activité de Van Mania qui propose, par exemple, différentes options de batterie lithium (100 ou 150 Ah) et panneaux solaires (fixe ou mobile).

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