Suite de notre série de portraits de vanlifers qui conjuguent vie sur la route et activité professionnelle. Maison et bureau, leur fourgon, c’est tout ça à la fois. Une situation qui fait rêver de très nombreux aspirants au départ mais qui ne s’improvise pas. Après Gilles & Maggy, alias Coucou Liberté, nous faisons connaissance avec Philippe, qui tient la chaîne YouTube Voyage Voyages. Il nous raconte pourquoi et comment il a choisi ce mode de vie, les avantages qu’il y trouve et les inconvénients avec lesquels il compose.

▪️Pouvez-vous nous dire en quelques mots qui vous êtes et nous expliquer en quoi consiste votre job de nomade digital ?

Salut Fourgon Le Site, je m’appelle Philippe, aka Voyage Voyages, et j’ai 46 ans. Je voyage avec mon fourgon qui répond au doux nom de Michel. Je suis vidéaste et créateur de contenus. Sur ma chaîne Youtube, je raconte mon expérience de vie nomade tout en allant à la rencontre d’artisans locaux et d’entreprises nomades.

Mon credo : liberté, découvertes et partages.

En fourgon ou à la maison, il est des rituels qui ne changent pas, comme le café du matin avant de se mettre au travail.

▪️Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à devenir « nomade digital » ?

J’étais arrivé à un moment où j’avais fait le tour de mon ancien travail. Durant ma première vie professionnelle, j’étais caméraman pour la télévision et les entreprises. Je me suis senti arriver à la fin d’un cycle et j’avais besoin d’un nouveau souffle.

Malgré l’envie de changer de job, j’aimais toujours l’image et la production audiovisuelle. J’ai découvert YouTube et ses nombreuses possibilités et j’ai eu envie de créer ma propre chaîne en espérant trouver une audience qui apprécie ce que je partage. Au départ, je n’avais pas vraiment d’objectif précis et je n’avais évidemment aucun business plan en tête.

J’ai acheté mon fourgon en avril 2017 alors que je travaillais encore sur Paris et il me servait à m’échapper hors de la capitale. Mais petit à petit, je cherchais moins de missions professionnelles et je je passais le plus clair de mon temps à voyager.

C’est en septembre 2018 que j’ai décidé de me consacrer à 100 % à ma chaîne YouTube et que j’ai imaginé en fait ma source de revenus principale. En octobre 2019, j’ai vendu mon appartement et je suis devenu nomade. Je me suis donné un an pour faire grossir Voyage Voyages et trouver les moyens d’en vivre.

Spot de rêve au milieu de nulle part. Mais où est Michel-le-fourgon ?

▪️Quels sont les avantages à travailler et vivre sur la route ?

Il y en a plein ! Il faut avouer que c’est bien agréable de se trouver à bosser face à la mer ou à la montagne. Travailler dans un van, c’est être très proche de la nature, si ce n’est dans la nature quand on peut sortir l’ordi et s’installer à l’ombre d’un arbre.

Pour autant, même si ça ressemble parfois à des vacances, ça reste un travail à plein temps. Entre les réseaux sociaux, YouTube, les tournages et le montage, la compta, la gestion des partenaires… C’est vraiment beaucoup de boulot.

Bureau improvisé sur une table de pique-nique. Ça change de la petite table du fourgon.

▪️De quel budget mensuel avez-vous généralement besoin ?

Ma vie de sédentaire parisien me coutait une fortune ! Le loyer, l’assurance, l’électricité, l’eau, la box internet… Aujourd’hui, le budget que représentaient ces dépenses me permet de vivre confortablement sur la route tout en mettant de l’argent de côté.

Selon le mois et les trajets effectués, je dirais que l’on s’en sort avec 700 €. Si je dépasse 1000 €, c’est que je vis super bien et que je me suis fait plaisir sur certaines dépenses !

Aujourd’hui, je constate que je continue d’avoir un train de vie plus élevé que ce qu’il pourrait être dans la mesure où je ne fais pas toujours très attention au prix de l’alimentation par exemple. Et j’ai bien conscience que c’est un luxe.

▪️Tout n’est pas rose, quels inconvénients y voyez-vous ?

C’est un mode de vie choisi donc je n’y vois pas beaucoup d’inconvénients. Il y a évidemment des compromis à faire, mais comme toujours dans tous les domaines.

La vie de freelance implique de beaucoup travailler. Alors c’est vrai, je ne profite pas pleinement de la mobilité du fourgon comme pourraient le faire des vacanciers. Il y a aussi parfois un peu d’incompréhension de la part des gens qui ne vivent pas ainsi. Comme souvent dès lors qu’on fait des choix alternatifs, certains y projettent leurs peurs.

Bref, je n’y vois pas tant d’inconvénients et, s’il en existe, je fais avec ! Je les vois comme des concessions à faire face à tous les nombreux avantages que j’y trouve.

 

“Tu mesures ton degré de liberté

au poids des choses que tu transportes.”

 

▪️Comment vous voyez-vous dans 5 ou 10 ans ?

D’ici 5 ans, je suis sûr que j’aurai investi dans un terrain sur lequel je disposerai d’une construction en dur. Un chalet, une tiny house, quelque chose de très écologique pour viser une autonomie totale. Je veux être autonome en énergie grâce au solaire mais aussi tendre vers une autonomie alimentaire en développant la permaculture.

La vie nomade m’a permis d’aller vers le minimalisme et de prendre la mesure de l’essentiel. Je sais que je peux me restreindre et avoir besoin de peu de choses pour vivre. Je peux facilement être heureux avec pas grand-chose. Aujourd’hui encore, j’ai probablement trop de choses dans le fourgon. Et plus ça va, plus je me dis que je pourrais certainement voyager avec un fourgon plus petit.

▪️Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui voudraient se lancer dans ce mode de vie ?

S’écouter ! Tout simplement.

Suivre Philippe sur Instagram et sur ses chaînes YouTube Voyage Voyages et Voyage Voyages Live.

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