Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage. D’accord, mais comment négocier le retour à la vie sédentaire après une longue expérience sur la route ?  Pour répondre à cette question, nous avons recueilli les témoignages de grands voyageurs qui ont tourné la page de la vanlife. Pourquoi ? Comment ?

ELSA & BERTRAND 

 

Elsa et Bertrand découvrent la « vanlife » en Australie, un pays continent qu’ils sillonnent pendant 8 mois, dont une longue séquence à bord d’un Econovan Ford de 1990. A leur retour en France, ils prolongent l’expérience et participent à la première édition de Drive Your Adventure et partent en VW T6 sur les routes en Europe durant 6 mois pour le compte de l’agence WeVan. Publié en 2017, un livre retrace cette formidable aventure qui a bouleversé leur quotidien. Voir l’article : un livre, un récit, une célébration de la vie et du voyage en van.

Donner un cadre fixe à leur fils

Après une succession de déménagements et l’arrivée de leur fils Louka, ils élisent finalement domicile au Pays basque, leur région de coeur. Leur envie de sédentarité et leurs projets professionnels se développent petit à petit entre association de développement locale et relations internationales dans une université. Aujourd’hui, leur objectif premier est de quitter leur appartement, non pas pour un van, mais pour une maison, où ils pourront mettre en pratique les principes que la vie en van leur a enseigné : autonomie, rapport aux besoins essentiels et respect de l’environnement. Ce projet s’inscrit en parallèle à leur envie d’offrir un cadre fixe à leur fils. Au moins pour un temps !

Elsa et Bertrand ont opté pour un ludospace qu’ils ont aménagé pour de courtes escapades, le temps d’un week-end ou de petites vacances et faire découvrir à leur fils les joies de la vie sur la route. Ils n’excluent pas de partir plus longtemps, mais en famille cette fois ci !

Qu’avez-vous appris sur la route ? 

« On appris que moins on possède, mieux on se porte. Mais aussi qu’il faut dépasser les a priori sur les cultures différentes et se faire sa propre expérience ».

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

« Ce qui nous manque le plus c’est le sentiment de liberté. »

Et le moins ?

« Les manipulations multiples, comme ouvrir et fermer son lit tous les jours »

Quels conseils donner pour un retour réussi ?

« Écrire un livre lors d’un retour de voyage est quelque chose qui permet d’atterrir en douceur en ayant le nez dans les photos et souvenirs. Si on ne peut écrire un livre, prendre le temps de trier et d’écrire des textes (à partager ou non) nous semble une bonne alternative pour ne pas ressentir le contre coup du retour à une vie “normale ».

Aviez-vous anticipé ce retour ?

« Oui, mentalement du moins. Sur le plan matériel, c’est autre-chose. De nos longs voyages, on rentrait souvent sans travail ni maison. Mais on a réussi à rebondir. »

Premier équipage engagé sur le périple Drive Your Aventure, Elsa et Bertrand ont traversé 24 pays en 6 mois… ©Bertrand Lanneau

HELENE & YOHAN  

 

Hélène et Yohan sont des voyageurs dans l’âme. Alors qu’ils occupaient des postes passionnants, mais très intenses à Bordeaux, au sein de l’espace Darwin, ils décident de faire une pause. Le couple, rapidement rejoint par l’arrivée de leur fille Charlie, se lance dans l’aménagement d’un van T4. Cette première expérience en appelle d’autres. Après le Volkswagen, ils jettent leur dévolu sur un camion Mercedes, nommé Mammouth, qui devient leur maison mobile pour leur voyage vers le Maroc dès la fin 2019. Suivre leur blog : notre petit camion 

Un nouvel équilibre pour chacun

Comme beaucoup d’autres voyageurs, ils sont rattrapés par le Covid et restent bloqués pendant des mois au Maroc. Cette longue période, propice à l’introspection, réoriente leur parcours de vie. Yohan souhaitait un pied à terre, quant à Charlie, la jeune fille du couple, elle manifeste l’envie d’avoir des copines, comme n’importe quel enfant. Ils décident donc de rentrer en France et posent leurs valises dans leur appartement de Bordeaux.

Ce retour à la vie sédentaire coïncide avec la rentrée des classes pour Charlie qui a vécu jusque-là sur la route. Hélène et Yohan ont toujours leur gros et beau camion « Mammouth » et prévoient d’ailleurs de faire des travaux dedans pour partir en hiver, non pas pour de longs séjours mais de courtes balades et profiter de la beauté de la France. Pour autant les projets de voyages ne sont pas loin, seulement mis de côté pour quelques temps…

Qu’avez-vous appris sur la route ? 

« A prendre notre temps. À savourer l’instant présent. Et puis, qu’il n’est pas nécessaire d’aller à l’autre bout du monde pour explorer des territoires et s’enrichir humainement… Cette expérience, ce fut une bonne école  de la tolérance, de l’entraide et de la solidarité. Nous avons aussi appris que notre famille n’est pas faite pour être à 100% nomade. Nous avons besoin d’un  rythme qui permette à chacun de nous de trouver son équilibre. »

Qu’est ce qui vous manque le plus ?

« Voyager, la liberté de notre quotidien, les grands espaces, les vagues, les rencontres… Beaucoup de choses nous manquent. »

Et le moins ?

« Sans aucune hésitation, la logistique : eau, toilettes, gaz, pannes… »

Quels conseils donner pour un retour réussi ?

« S’entourer de ses proches / se « gaver » de tout ce qui vous a manqué durant ce temps / Retrouver rapidement une vie active (Yohan) ou alors savourer en douceur ce retour (Helene) / garder le contact avec les personnes rencontrées ».

Aviez-vous anticipé ce retour ?

« Plus ou moins. Nous avions conservé notre appartement bordelais pour garder un pied à terre « au cas où » et pour nous assurer un logement au moment du retour. Suite au covid, nous avons décidé de rentrer. Nous avons profité de l’été en Bretagne et le retour sur Bordeaux s’est fait quelques jours avant la rentrée des classes de Charlie. C’était voulu. Mais avec du recul, je ne sais pas si on ferait pareil. Le mois dernier, elle a commencé à exprimer beaucoup de colère, on a compris que le retour n’était pas simple pour elle… On ne peut que comprendre. Notre « normalité » n’est pas la sienne. C’est une enfant nomade… Elle a passé plus de la moitié de sa vie sur les routes. »

LOUISE & JULIEN 

 

Louise et Julien ont 25 ans lorsque cette envie d’évasion commence à germer. Dès aout 2018, ils achètent leur premier van, un Sprinter Mercedes qu’ils vident puis aménagent à leur goût pendant plusieurs mois avant de prendre la route. D’abord l’Espagne et le Portugal pour se mettre en appétit, puis ils se lancent dans un tour d’Europe dès octobre de la même année.

De nouveaux projets guident leur retour

Pour Louise et Julien, ce voyage de plusieurs mois leur donne du temps pour murir leurs projets personnels. Alors que le COVID met un coup d’arrêt à leur pérégrination en van, ils décident de revenir à Toulouse et d’y poser leurs valises. Julien  se consacre à son site internet Mon fourgon aménagé, pendant que Louise crée une association de danse et propose des cours à Toulouse avec Inspire Danse.

Louise et Julien sont aujourd’hui au tout début de leurs nouvelles aventures d’entrepreneurs et l’idée d’une vie à 100% sur la route ne les attire pas. Malgré tout, le van ne va pas quitter totalement leur quotidien. Ils souhaitent profiter de la liberté nomade sur les routes françaises durant les week-ends et les vacances.

Qu’avez-vous appris sur la route ? 

« Nous avons appris à prendre le temps. »

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

« Les paysages et les rencontres nous manquent énormément… »

Et le moins ?

« Le froid de l’hiver ! »

Quels conseils donner pour un retour réussi ?

« Courrez, ne vous arrêtez pas, chaque jour un nouvel obstacle peut survenir. »
(NDLR : Louise et Julien sont rentrés au pas de course de leur voyage au temps du Covid…)

Aviez-vous anticipé ce retour ?

« Nous avions anticipé un retour en douceur, à la mi mai 2020. Finalement le voyage s’est stoppé fin mars, alors que nous étions en Roumanie. Nous avons dû faire un retour en 24h non-stop depuis la Roumanie jusqu’à Toulouse dès qu’une brèche s’est ouverte, à la mi avril. »

 

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