La Strada, 40 ans d’exigence dans la conception de fourgons haut de gamme

Au cours de ces quarante dernières années, La Strada aurait pu disparaitre par deux fois, changer de nom ou tomber dans les mains d’un grand groupe industriel… Heureusement, rien de tout cela n’est arrivé. A l’abri des convoitises qui ne manquent pas, la marque allemande, spécialiste du beau véhicule, conserve jalousement son indépendance et continue d’investir et développer de nouveaux véhicules. Pour notre plus grand plaisir. Retour sur 40 ans d'une histoire tumultueuse.

Histoire La Strada 40 ans

Au bord de la faillite en 2005

Création de l’homme d’affaires Otto Baumgartner, un entrepreneur multirécidiviste, bien connu dans le secteur du camping-car, la marque allemande La Strada se hisse rapidement au rang des fabricants à suivre, après le premier salon auquel elle participe en novembre 1986 à Frankfurt. La qualité des aménagements efface les inquiétudes que soulève ce nom aux accents italiens retenu par les fondateurs. « Ce nom nous a causé des soucis, car il était associé aux produits bon marché venus du sud de l’Europe, en contradiction totale avec les valeurs que nous défendons » raconte aujourd’hui Marco Lange, l’actuel co-propriétaire de La Strada.

Dès la première année, La Strada produit une vingtaine de véhicules avec… quatre employés seulement, parmi lesquels Andreas Dalchow, figure indissociable de la marque. Entré comme mécanicien automobile en 1986, il gravit les échelons et occupe pendant de longues années le poste clé de directeur de la production, avant de prendre les rênes de l’entreprise en janvier 2011, aux côtés de Marco Lange, alors directeur général.

Une production sur des bases inattendues, voire exotiques, comme ce Kia Pregio en 1999.

Les premiers aménagements La Strada se font sur le Volkswagen T3 (les modèles HD60 et HD80), joliment rehaussé d’un toit rigide Sirius en fibre de verre. Dès le départ, la marque allemande se positionne sur le haut de gamme, à la différence d’autres marques comme Westfalia qui proposait des aménagements standardisés pour le grand public. La Strada vise d’emblée la clientèle des grands voyageurs fortunés. C’est aussi la raison pour laquelle la marque allemande s’intéresse très tôt à la transmission intégrale – c’est toujours le cas – et développe sur le VW T3 Syncro (4×4) le Dolomiti, un modèle de référence, objet d’intenses recherches de la part des collectionneurs. Rien n’est laissé au hasard : optimisation de l’espace, autonomie, mobilier solide en bois véritable, isolation thermique renforcée pour affronter toutes les conditions.

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Dès les années 1989, le catalogue s’élargit et accueille le Ford Transit et le Mercedes MB100, sous deux références à succès : le Torino et le Siena. C’est moins connu, mais La Strada se tourne également vers des bases plus exotiques, comme LDV Convoy et Kia Pregio, et des formats courts sur Citroën Berlingo. L’arrivée du Fiat Ducato de deuxième génération (X230) ouvre de nouvelles perspectives de croissance et de volume. Le premier Avanti, pilier historique du catalogue, voit le jour en 1995. Il intègre notamment une véritable salle d’eau arrière et un lit escamotable sous pavillon. Un dispositif toujours d’actualité sur de nombreux fourgons La Strada.

Histoire La Strada
Avanti L sur Fiat Ducato en 1996. Le début d’une histoire qui se poursuit aujourd’hui
Remarquable Siena sur MB 100. On pourrait le présenter comme le précurseur du Regent L.

Alors que l’entreprise réalise de gros investissements pour développer son site de production actuel, à Echzell, elle est rattrapée par les crises successives de 1993 et 2000. La baisse des ventes pousse La Strada au bord de l’abime. L’entreprise est contrainte de s’ouvrir à de nouveaux investisseurs, parmi lesquels Eugen Immler, un autre grand bâtisseur industriel, fondateur de plusieurs marques, dont Eura Mobil. Il assure la continuité de la marque et préserve son indépendance lors du rachat d’Eura Mobil en 2005 par le groupe français Trigano.

Une direction à deux têtes

En 2005, Marco Lange, transfuge d’Eura Mobil, rejoint Andreas Dalchow, le directeur technique. L’objectif est clair : redresser la barre de l’entreprise en grande difficulté. « C’était la mission de la dernière chance » se souvient Marco Lange. Dicté par le renouvellement complet de plusieurs châssis, dont le Fiat Ducato et le Mercedes Sprinter, le travail est immense et mobilise pendant des mois l’ensemble des équipes. Au bout du compte, La Strada présente une nouvelle variante du Nova, ainsi que cinq aménagements sur d’autres châssis que le Mercedes Sprinter. « Beaucoup prédisaient notre échec. Ils ont eu tort. Je n’ai jamais regretté ma décision de rejoindre La Strada ».

Dans le même temps, la nouvelle équipe en place investit dans le marketing et la communication, bien consciente qu’il faut changer d’échelle et sortir la marque du cercle restreint des connaisseurs dans lequel elle s’enferme. « On ne pouvait pas rester dans notre coin, fier de nos véhicules, en attendant que quelqu’un passe ».

Nova M en 2004. Un camping-car de conception unique, véritable porte drapeau de la qualité La Strada.

L’autre point de bascule, c’est la mise en place de l’homologation européenne par type. Pour un constructeur de cette taille, il s’agit d’une performance inhabituelle qui a permis de construire un réseau d’une vingtaine de distributeurs à l’étranger. Avec une trentaine de véhicules vendus par an, La France représente son deuxième marché, loin derrière l’Allemagne.

En 2011, les deux cadres dirigeants, artisans du redressement, s’associent et rachètent 100% des parts de l’entreprise au propriétaire de l’époque (Eugen Immler) lorsqu’il décide de passer la main.

À partir de 2010, priorité est donnée au Regent L sur Mercedes Sprinter et aux grands modèles sur le Fiat Ducato L4H3 : Avanti EB et Avanti HPlus.

Nouvel aménagement en vue

Aujourd’hui, l’entreprise produit moins de 300 véhicules par an. Cette production volontairement limitée permet de maintenir un niveau de qualité et de personnalisation très élevée. Indépendante des grands groupes industriels, elle affiche une belle stabilité financière dans un contexte pour le moins difficile. « A l’écoute de nos distributeurs, dont nous sommes très proches, nous produisons en fonction du marché pour éviter que les stocks s’accumulent sur les parcs ». La qualité des relations qui l’unit à ses concessionnaires a été honorée en 2025 du prix « partenariat LUPO », décerné par l’association allemande du commerce du caravaning (DCHV).

La Strada poursuit ses investissements, comme elle l’a toujours fait au cours de son histoire. Un nouvel aménagement, probablement sur le Fiat Ducato L4H3, devrait rejoindre la série Avanti.

AVANTI – Conçue exclusivement sur le Fiat Ducato, la gamme Avanti constitue le pilier historique de la marque et représente le gros des ventes. Le catalogue s’articule pour l’instant autour de 8 implantations distinctes, dont plusieurs configurations familiales (Avanti F et Avanti EBF), réparties en deux longueurs (5,99 m et 6,36 m) et deux hauteurs (2,65 m et 2,89 m). Parmi les points forts à retenir, le double plancher chauffé – une rareté sur les fourgons -, la menuiserie haut de gamme et l’ultra personnalisation des ambiances – des centaines de combinaisons possibles entre le coloris des boiseries, des façades de meubles et le choix de tissus ou des cuirs.

NOVA – L’arrivée du Nova en 2000 amorce un virage important et positionne clairement la marque La Strada sur le haut de gamme. Ce camping-car profilé, fleuron de la marque, associe un châssis Mercedes Sprinter à une cellule monocoque inédite. Contrairement aux modèles standards assemblés par panneaux, le Nova bénéficie d’une cellule en polyester renforcé. Cette technique de fabrication avancée autorise des formes complexes, élégantes et garantit une robustesse et une isolation thermique exceptionnelle. Deux références au catalogue : NOVA EB et NOVA M.

REGENT – Partenaire de longue date de Mercedes, La Strada exploite toutes les capacités du Sprinter de deuxième génération à partir de 2011 et lui consacre une gamme exclusive appelée Regent. Elle s’adresse aux voyageurs exigeants qui veulent allier sécurité, performance, confort de conduite et progression tout-terrain.  Trois configurations sont retenues sur Sprinter court (5,93 m) et long (6,99 m).  En plus de la transmission intégrale, retenue dans 100% des cas, le Mercedes Sprinter apporte des solutions technologiques souvent absentes des utilitaires classiques : système multimédia MBUX avec commande vocale, régulateur de vitesse adaptatif, assistant de stabilisation en cas de vent latéral, caméra 360°, etc.

Regent L en 2011. Un modèle facilement identifiable à sa rehausse sur Mercedes Sprinter. D’autres variantes suivront, parmi lesquelles le Regent S.

 

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