L’isolation est l’une des étapes les plus importantes dans l’aménagement d’un van. Nous vous présentons ici les 5 erreurs à ne pas commettre lorsque vous vous lancez dans l’isolation de votre fourgon aménagé.

Le fourgon mis à nu. Les difficultés commencent… (Photo : Le Monde de Tikal)

Erreur 1 : Ne pas isoler

Lors de l’aménagement d’un van ou d’un fourgon soi-même, les travaux s’enchainent durant de longues semaines… Bref, si vous n’avez pas l’âme d’un bricoleur, ça devient vite pénible. Dans ces conditions, il serait tentant de zapper quelques étapes, comme l’isolation. On se dit que ce n’est pas grave, le véhicule aménagé ne servant qu’à la belle saison, pour de courtes sorties le week-end ou pendant les vacances d’été. Non, se passer d’isolation n’est pas une bonne idée.

Une isolation performante vous ouvre de nouveaux horizons. Pourquoi se concentrer sur les beaux jours ? L’automne et le printemps se montrent propices aux échappées en van. Quant à l’hiver, c’est le moment parfait pour explorer de espaces nouveaux, loin de la foule des touristes !

De plus, nous partons souvent du principe que l’isolation d’un fourgon est surtout nécessaire l’hiver. Or l’été, avec les grosses chaleurs, avoir un bon système d’isolation (couplé à une aération performante) c’est la garantie d’un espace plus frais !

Hiver comme été, l’isolation est un atout pour vivre confortablement dans son fourgon aménagé !

Dans certains pays, comme ici en Norvège, il est préférable d’être sûr de son chauffage et de l’isolation. Attention aux ponts thermiques.

Erreur 2 : Oublier certaines zones !

Les tôles intérieures d’un utilitaire ne sont pas planes, mais couvertes de renforts, nervures et ondulations…  Ça complique non seulement l’installation des meubles, mais aussi la pose de l’isolant qu’il convient d’appliquer de manière uniforme et continue pour éviter les ponts thermiques et donc les déperditions de chaleur. Voilà un terme souvent entendu mais rarement expliqué ! Un pont thermique est tout simplement un point faible de l’isolation. C’est une faille dans les performances de l’isolation qui va laisser passer l’air, chaud ou froid, et donc faire baisser l’efficacité du matériau isolant.

Il faut donc éviter au maximum les ponts thermiques ! Pour cela l’objectif est de laisser un minimum de tôle à nu et à vide. En effet, les longerons de la carrosserie sont souvent creux, il convient alors de les remplir pour éviter les ponts thermiques. Et pas avec de la mousse PU expansive qui risque de déformer la carrosserie… Quant à la tôle, il faudra la couvrir intégralement d’un isolant.

VOIR aussi : 6 astuces pour rester au chaud

Erreur 3 : Ne pas isoler le plancher

Généralement, on oublie d’isoler le plancher de l’utilitaire que l’on souhaite aménager, alors qu’il s’agit de l’une des zones les plus importantes de déperdition de chaleur et d’entrée de froid.
Pour avoir un bon confort dans son van (et aussi pour des questions d’humidité), il est important de penser à l’isoler. Poser donc un isolant au sol c’est se garantir une protection thermique et éviter les grosses chutes de chaleur notamment la nuit lorsque le chauffage ne fonctionne pas et que les températures extérieures chutent.

N’oubliez pas non plus que l’isolation du sol réduit les vibrations sur la route et filtre aussi les sons extérieurs.Des retours d’expériences de voyageurs nous montrent que certains ont utilisé du liège en rouleau ou en panneaux et certains ont parfois combiné le liège à plaques de polystyrène extrudé.

Par conséquent, il est conseillé de penser à isoler le sol de la partie aménageable, mais celle aussi de la cabine ! Et cette étape sera la première à réaliser dans l’isolation de votre fourgon !

Le fourgon se couvre de le liège, sur les parois, le plafond mais aussi le plancher. (le Monde de Tikal)

Erreur 4 : Négliger l’air et l’aération

On pense souvent qu’il existe une corrélation entre l’épaisseur et la qualité de l’isolant. Faux ! L’un des meilleurs isolants est l’air ! D’ailleurs, le duvet de canard ou la fibre polyester de nos anoraks emprisonnent un maximum d’air. Dans nos fourgons et vans aménagés, on s’efforce d’utiliser les qualités thermiques de l’air qui, lorsqu’il est immobile, offre un coefficient de conductivité thermique très faible. Or plus ce coefficient est faible, meilleur est l’isolant. Il met en évidence la quantité de chaleur transférée par un matériau pendant une certaine durée. Si le matériau transfère beaucoup de chaleur, ce n’est pas un bon isolant. Le coefficient de conductivité sera élevé.

Donc pour avoir un isolant performant, il faut rechercher un matériau offrant un coefficient thermique λ (lambda) faible. Et ça tombe bien, l’air immobile possède un coefficient λ très faible !

Parmi les autres propriétés dont il faut tenir compte dans le choix de l’isolant, c’est la résistance à l’humidité (Sd). Les bons isolants sont ceux qui parviennent à réguler l’humidité. Plus la valeur Sd est élevée, plus l’isolant est imperméable. Par exemple, la laine de verre s’avère être un bon isolant mais se dégrade et perd de ses qualités sous l’effet de l’humidité.

C’est pour cette raison qu’il convient de l’accompagner d’un frein vapeur. Posée entre l’isolant et le CP de finition, cette membrane permet de réguler l’hygrométrie dans le fourgon.

Comme dans une maison, il faut absolument prévoir une aération efficace, faute de quoi la vapeur d’eau que nous produisons se fixe sur les zones froides de la carrosserie et du pare-brise pour former de la condensation. C’est un phénomène aussi naturel qu’implacable. Le ruissellement, le terme n’est pas trop fort, peut parfois provoquer des désordres sur la structure de carrosserie et dégrader certaines pièces mécaniques, comme le contacteur de démarrage qui n’aime pas tellement l’humidité…

En résumé, il faut prendre en compte l’isolation, et notamment le frein vapeur, mais également, ce qui est complémentaire, les aérations ! C’est un subtil équilibre. Il faut permettre une bonne circulation de l’air et une évacuation efficace de l’humidité sans pour autant créer de grosses déperditions de chaleur.

Dans cette dynamique il est donc important de choisir un isolant ayant une bonne résistance à l’humidité, pour éviter que votre van devienne une éponge. Ce sera alors le combo gagnant : un bon isolant résistant à l’humidité qui permet sa régulation grâce à l’air, combiné à un frein vapeur et à des aérations qui font circuler l’air dans le fourgon.

ATTENTION ! : Si vous souhaitez faire homologuer votre van en VASP, les ouvertures et les conditions d’aération de votre fourgon doivent respecter certaines normes.

De très rares aménageurs utilisent des fibres naturelles pour l’isolation de leurs fourgons. Stylevan Origin est de ceux-là.

Erreur 5 : Se précipiter dans le choix de l’isolant

Une fois que les principes de l’isolation sont intégrés, il est important de trouver les matériaux isolants qui vont correspondre à vos besoins et envies. Et pour cela il faut prendre le temps, se renseigner et surtout lire des retours d’expérience d’autres voyageurs.
Il va sans dire qu’il n’y a pas de choix parfait et que souvent les produits isolants ont des avantages et des inconvénients. Toutefois, et depuis quelques années, les matériaux isolants naturels gagnent du terrain.

Voici donc un petit récapitulatif des différents choix de matériaux possibles pour l’isolation. Cette liste n’est pas exhaustive et peut être complétée.

–       Le liège : il va sans dire que c’est le matériau parfait pour isoler son van ou son fourgon. Par plaque, ou mieux avec le liège expansé, il offre une isolation thermique et phonique tout en étant résistant à l’humidité et imputrescible.
–       La laine de mouton : C’est un bon isolant thermique elle permet aussi une bonne gestion et une bonne régulation de l’humidité sans perdre ses qualités isolantes.
–       La laine ou les fibres de bois en panneaux : C’est un bon isolant phonique toutefois il est très lourd et donc à prendre avec des pincettes pour l’aménagement d’un fourgon.
–       Biofib’trio : mélange de lin, chanvre et coton. Il semble être un des matériaux privilégiés aujourd’hui pour l’isolation d’un fourgon. Il allie légèreté et performance d’isolation par temps froid ou chaud. Si vous collez un isolant tel que le liège sur les parois vous aurez également un léger isolant phonique. Le combo parfait !

Et le multicouches ?  Ce n’est pas le plus performant, mais il fut longtemps la solution idéale lorsque les alternatives naturelles n’étaient pas aussi développées. Il s’appuie sur l’air pour participer à l’isolation thermique du van. Cela étant, il reste difficile à poser !

Pour aller plus loin, certains voyageurs évoquent l’isolation de leur fourgon.
Three Vanlifers
Mon Fourgon Aménagé
Le Monde de Tikal

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