Si vous rêvez d’échappées lointaines en van ou en fourgon aménagés, vous devrez tôt ou tard franchir les mers et les océans. Dans ce cas, il faudra charger votre véhicule sur un ferry, un cargo roulier ou un porte-conteneur. Au-delà du temps de traversées parfois assez long (comptez 600 km/ jour en moyenne), il faut prendre en compte les prix qui ne sont pas forcément proportionnels à la longueur du trajet. D’une manière générale, les traversées maritimes sont assez chères. Voir, par exemple, en fin d’article, le témoignage de Florian et Johanna, de Récré Ô Tour du Monde. dont le véhicule, un Volkswagen T2, a voyagé entre Vladivostok (Russie) et San Antonio du Chili.

1 / Le ferry

Les destinations les plus proches sont accessibles par ferry. Ce type de bateau accueille principalement les voyageurs, qu’ils partent à pied, en voiture ou à vélo. Lors de ces voyages sur un ferry, il n’est généralement pas possible de dormir dans son véhicule pour des questions de sécurité. Cependant, il existe sur certaines destinations, comme la Sardaigne, des exceptions à la règle qui permettent, sous conditions, d’utiliser son véhicule durant la traversées. C’est la fameuse option : camping à bord ou open deck. Mais la règle générale, c’est plutôt de prendre une cabine. Et différentes options existent : avec hublot ou sans, avec sanitaires ou pas… Bref, il y en a pour tous les budgets.

Les billets se réservent en ligne et l’embarquement est très simple. Pas besoin de passer par un intermédiaire : se présenter au port, contrôle des papiers, stationnement du fourgon dans le ferry ; on le ferme à clé et on profite du voyage dans la cabine et les espaces communs.

Exemples de destinations accessibles par ferry depuis l’Europe continentale :

·       Angleterre avec Brittany Ferries ou DFDS Seaways notamment
·       la Corse avec Corsica Ferries ou La Meridoniale ou encore Corsica Linea.
·       la Sardaigne avec Corsica Ferries ou La Meridoniale ou encore Corsica Linea notamment
·       les îles Féroé avec Smyrilline
·       L’Islande avec Smyrilline
·       Le Maghreb avec Corsica Linea ou GNV notamment

2 / Le navire marchand pour les destinations plus lointaines

Pour des destinations plus lointaines, vous n’aurez pas d’autres choix que de choisir un porte-conteneur ou un navire roulier. Quoi qu’il en soit, il faudra anticiper au maximum les formalités et passer par un agent maritime, aussi appelé transitaire, qui organise le dédouanement, la mise à disposition d’un conteneur, le grutage, etc. Au port d’arrivée, il faut trouver un intermédiaire pour faire les démarches inverses « d’importation » du véhicule. Demander à votre interlocuteur de départ, un contact, une adresse d’arrivée.

La solution du conteneur (ou container)

Le porte-conteneur, c’est la solution conseillée, parce que le véhicule et son contenu sont protégés durant toute la traversée. Il existe plusieurs longueurs de conteneur : 20 pieds (environ 6 mètres) ou 40 pieds (environ 12 mètres). Ceci étant dit, la hauteur est toujours quasiment identique : 2,38 m. pour le modèle standard. Il est malgré tout possible de trouver un modèle high cube qui peut faire 2,74 mètres ou 2,89 mètres de haut. Ces différents formats laissent de la marge pour couvrir un maximum de besoin. Bien sûr, pour gagner quelques centimètres, on pourra toujours dégonfler un peu les pneus, mais jamais pour perdre 40 cm de haut !

Sur certaines lignes, des compagnies proposent également des high rack, ce sont des conteneurs que l’on place au sommet de la pile et qui sont ouverts. Il n’y a donc pas de limite de hauteur. Toutefois, ces offrent sont rares et il convient de bien se renseigner en amont.

Si votre van ou votre fourgon entre dans un conteneur, c’est le top ! Pas de soucis de sécurité, le véhicule entre dans la grosse boîte en acier, la porte est fermée, scellée, et ne sera rouverte qu’à l’arrivée. Donc, pas de risques d’intrusions et de vols… D’une manière générale, il est conseillé d’arriver plusieurs jours avant l’arrivée du bateau afin de se renseigner des démarches à suivre pour le débarquement et assister à l’ouverture.

Par ailleurs, vous pouvez également partager le conteneur avec un autre voyageur s’il reste de la place : une moto ou un petit véhicule peut venir se caler devant ou derrière votre van sans encombre. Vous partagerez alors la facture !

Si malheureusement votre véhicule est trop grand, il faudra choisir une autre solution, le RoRo, ou navire roulier en français.

Le RoRo

RoRo signifie Roll-on, Roll-off c’est à dire “roule dedans, roule dehors’’. Cela veut dire que le véhicule n’est pas transporté dans un conteneur, mais chargé via des rampes d’accès. Ces navires accueillent toutes sortes de véhicules, de la voiture au gros camion.

Il faut alors conduire son véhicule dans un port de départ, le préparer pour le voyage (c’est-à-dire le vider, le nettoyer) et le déposer avec les clés sur le contact.

Il faut avouer que cette solution, très facile et pratique, généralement moins onéreuse, se montre plus risquée dans la mesure où les fourgons, camping-cars et autres vans ont toutes les chances d’être visités… Sans compter les d’accrochages dans les manoeuvres de stationnement. Les véhicules sont pratiquement à touche-touche. Quoi qu’il en soit, il est important de laisser le moins de choses dans le véhicule et s’informer sur les risques de vols pour la destination choisie (notamment s’il y a des escales…).

Enfin, certaines compagnies proposent de voyager avec son véhicule sur le même bateau. Sans dormir dans votre fourgon, vous pouvez vous joindre à l’équipage et faire la traversée à bord, dans une cabine. Une sacrée aventure en perspective !

3 / Quelles solutions pour quelles destinations ?

Pour l’Amérique du Nord, la solution la plus souvent envisagée est celle du RoRo, simple et facile. En effet, nombre de voyageurs partent avec la société Seabridge qui se propose de tout organiser. Il suffit de réserver quelques mois à l’avance (4 environ), puis d’aller déposer son véhicule au port d’Anvers, et de le retrouver à Halifax ou Baltimore (voire même Los Angeles ou Seattle) quelques semaines plus tard. Il faut compter une vingtaine de jours de trajets pour Halifax moyennant environ 2000 € pour un petit véhicule.

Le tarif de transport dépendra du volume du véhicule. Il vous sera rapidement transmis dès la demande de devis, lorsque vous aurez communiqué les dimensions de votre fourgon.

Depuis peu, il est même possible de faire le trajet avec son véhicule en RoRo vers Halifax et Baltimore pour un tarif débutant à 1000 € par personne pour Halifax et 1200 € par personne pour Baltimore. Bien sûr, ces prix s’ajoutent au tarif pour le véhicule en lui-même. Oui, l’aventure a parfois un prix !

Il est également recommandé de prendre une assurance complémentaire afin d’être dédommagé en cas d’avarie du bateau… Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent. Emportant par le fond les rêves d’aventure d’une famille de vanlifers, le naufrage du Grande America en mars 2019 vient le rappeler.

Si vous prévoyez de partir pour l’Amérique du Sud, les deux solutions -RoRo ou container- sont envisageables. Quel que soit le mode de transport choisi, le cargo fera plusieurs escales : dans ce cas, si vous le pouvez, privilégiez le conteneur pour les raisons de sécurité évoquées précédemment.

La société Grimaldi, qui détient les navires, propose des trajets depuis la France métropolitaine vers Cayenne en Guyane, l’Uruguay ou l’Argentine. Mais il est aussi possible de passer par la société Seabridge évoquée plus haut qui saura vous orienter et vous aider dans la préparation de votre voyage. Il faut compter environ 2000 € et y ajouter presque 1600 € par personne si vous souhaitez voyager avec votre véhicule et vivre l’expérience de la haute mer sur un cargo (uniquement avec la compagnie Grimaldi).

Pour l’Afrique, comme évoqué plus haut, le Maghreb est facilement accessible par ferry depuis la France, au départ de Sète notamment, ou depuis l’Espagne. Toutefois, il est possible d’envoyer son véhicule depuis l’Amérique du Sud vers l’Afrique occidentale ou l’Afrique du Sud. Il faudra alors vous tourner vers des compagnies comme IVSS. Depuis la Belgique, Seabridge propose aussi une ligne pour rejoindre la Namibie ou l’Afrique du Sud. Ce voyage, un peu onéreux, ne s’envisage bien sûr que pour de longues périodes, dépassant 6 à 8 semaines. Il faudra compter au minimum 2500 € l’aller.

Pour l’Australie, encore une fois Seabridge est la solution la plus simple et plébiscitée par beaucoup de voyageurs. Depuis Anvers, vous pouvez envoyer votre véhicule vers l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Pour les devis, il faut aller directement sur le site et faire une simulation.
IVSS et Taurus Logisitcs proposent également des trajets sur toutes ces destinations, à consulter sur leurs sites internet : IVSS ou Taurus Logistic.

Pour l’Asie, il faut l’avouer, le mieux est quand même de faire le trajet par la terre et découvrir la belle route de la soie ! Toutefois si vous voulez découvrir le continent directement avec votre véhicule, il est possible de passer par IVSS notamment.

Sachez qu’il est nécessaire, à la différence de l’Amérique, d’avoir un carnet de passage en douane pour beaucoup de destinations lointaines, comme l’Australie, certains pays d’Asie ou encore d’Afrique.

“Nous avons trouvé notre transitaire sur les forums “

Partis d’Angers au printemps 2019, Johanna et Florian poursuivent leur tour du monde à bord d’un combi VW de 1971, baptisé Canary Bay. Arrivés à la pointe orientale de la Russie, ils ont confié leur véhicule à un agent maritime pour la grande traversée du Pacifique. 

” Dans le cadre de notre tour du monde, notre van devait rejoindre le port de San Antonio au Chili depuis le port de Vladivostok en Russie. C’est en fouillant sur des forums que nous avons trouvé la société de transit : links-ltd, gérée par Yuri Melnikov. Basé à Vladivostok, ce transitaire est quasi-incontournable pour le transport des véhicules particuliers en cargo. En arrivant dans son bureau nous avons pu voir les nombreuses cartes postales, stickers ou autres mots de remerciement accrochés au mur ! Un détail plutôt rassurant et qui venait confirmer les bonnes recommandations que nous avions pu lire sur lui.

Johanna et Florian dans les rues de Valparaiso au Chili.

Engagés plusieurs mois à l’avance pour préparer le transport, nos échanges avec Yuri ont été simples, clairs et précis, les Russes sont carrés ! Après avoir fait nettoyer notre combi de fond en comble, un passage obligatoire pour tout véhicule faisant du shipping, nous l’avons laissé au transitaire qui l’a conduit jusqu’au container. Un modèle de 20 pieds que nous partagions avec deux motos afin de réduire les frais. Les trois véhicules ont été solidement sanglés et calés. Nous avions débranché nos deux batteries, vidé notre réserve d’eau et laissé un minimum d’essence dans le réservoir.

Au terme de 53 jours de mer, le container arriva au port de San Antonio au Chili. Nous avions trouvé un transitaire directement basé sur place afin de faciliter le passage à la douane et toute la « paperasse ». Le pays traversant d’importants mouvements populaires, le port fut bloqué durant plusieurs jours, ce qui retarda d’autant la récupération du van. Celui-ci nous attendait dans un immense entrepôt douanier. Nous étions rassurés d’avoir un transitaire qui nous relayait les infos en temps réel. Après une longue semaine d’attente, nous retrouvions enfin notre combi avec un sourire jusqu’aux oreilles ! De plus, nous n’avons constaté aucun dégât ni vol ! À notre grande surprise, les douaniers n’ont même pas fouillé notre véhicule. Ils ont simplement contrôlé le numéro de la plaque d’immatriculation et le numéro du châssis. Le transport maritime de notre van nous a coûté un total de 3.833 dollars (soit environ 3500 €).

Le prochain voyage en bateau conduira le T2 de Johanna et Florian du Brésil aux USA. Suivez leur récit sur leur site recre-o-tour-du-monde.com

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