Louer un van en Australie : les conseils de voyageurs

L’Australie est à n’en pas douter l’une des terres de prédilection des amateurs de voyages en van (dîtes campervan là-bas !) A l’instar des camping-cars et caravanes, on en voit partout sur les routes. Avec une prédominance des marques asiatiques : Toyota, Kia, Hyundai, Nissan…  Si les backpackers au long cours privilégient souvent l’achat avec revente à la fin du voyage, ceux qui visitent le pays sur de courtes périodes optent plus communément pour la location. Dès lors, comment choisir son van ? Où stationner ? Quid de la circulation à gauche ? Conseils de voyage en pays d’Oz, avec l’aide de nos témoins-baroudeurs.

©️Australie_à_la_carte
1 – LA LOCATION DU VAN

A qui s’adresser ?

Pour la location du van, plusieurs possibilités s’offrent à vous :

–       Il y a bien sûr l’agence de voyage classique. Certaines sont spécialisées sur l’Australie, à l’instar d’Australie Autrement, e-Australie ou Australie à la carte.  En plus de profiter d’une offre complète avec tarifs avantageux sur certaines prestations (aller/retour en avion, hôtel, location du van…), on bénéficie souvent avec ce type d’agence de l’expérience des conseillers, eux-mêmes fins connaisseurs du pays. Le paiement peut aussi être échelonné, sans surcoût. « De manière générale, plus vous prévoyez de voyager longtemps, plus les tarifs sont avantageux », souligne Steeve Calvo*, jeune Parisien parti fin 2015 en Australie et Nouvelle-Zélande pour un road trip d’un mois, via l’agence Le cercle des vacances, qui dispose d’un service dédié à l’Australie.

–       Autre alternative : passer directement par l’une des nombreuses agences de location type Britz, Apollo, Maui, Jucy RentalTravellers Autobarn, Mighty ou l’excentrique Wicked Campers. Les prix varient parfois selon l’âge et l’état du van loué. La propreté intérieure n’est pas toujours au rendez-vous…

–       La solution la plus simple et la plus économique est de se tourner vers des comparateurs. Avec plus de 300 fournisseurs, Motorhome Republic est le plus célèbre d’entre eux et annonce des prix très compétitifs. « Il baisse les marges des grandes agences de location au plus bas et propose des assurances à moindre coût », expliquent sur leur blog Ninon et Kévin*, un jeune couple de globe-trotters qui a sillonné la côte est du pays en 2016 via une location chez ce comparateur. D’autres concurrents existent à l’instar des Français campingcar-online (filiale d’Avis Caraway) et camping-cars Australie. « Nous sommes passés par cette centrale pour chacun de nos quatre voyages en Australie, raconte Luc Maret*, qui a parcouru le pays avec sa femme Myriam pour la dernière fois en 2012. Vous pouvez faire des devis en ligne et les tarifs y sont moins chers que sur les sites des loueurs ! », confirme-t-il.

Dans tous les cas, prévoyez des frais supplémentaires si vous laissez votre véhicule dans une ville différente du lieu d’arrivée. Comptez en général entre 100 et 300 dollars australiens (AU $). L’option deuxième conducteur est aussi à prévoir.

Les formats de vans sont très variables, du plus petit au plus spacieux pour 4 ou 5 personnes ©️Ausandnztravel.com

Quand partir ?

Le choix de la saison est également important.

–       De mai à juillet, c’est l’hiver en Australie et les températures peuvent s’avérer douces voire froides, notamment au Sud. La nuit tombe aussi plus tôt.

–       « Vous aurez des tarifs moins élevés si vous partez au printemps – de septembre à novembre – la meilleure saison selon nous », tranche Luc Maret. Même son de cloche du côté de chez Steve Calvo. « Pour ma part, assure-t-il, je suis arrivé à Melbourne au mois de novembre pour éviter les grosses chaleurs de janvier-février mais aussi pour profiter de tarifs plus avantageux qu’en plein été et au moment de l’Open d’Australie. »

–       Attention par ailleurs aux disponibilités des vans pendant la haute saison. De novembre à février, période qui correspond à l’été là-bas, les vans sont pris d’assaut. Mieux vaut donc s’y prendre à l’avance !

Quelle assurance ?

Plus encore avec la barrière de la langue, la question de l’assurance est souvent difficile à appréhender. Néanmoins, on retrouve généralement trois types d’assurance en Australie :

–       L’assurance standard – Obligatoire et gratuite, elle couvre les dommages corporels causés à autrui mais laisse les dommages matériels à votre charge. La caution, qui correspond au montant maximal à payer en cas de réparations, peut varier généralement de 2000 à 7500 AU $, selon les véhicules et assureurs.

–       L’assurance intermédiaire avec franchise réduite – Aux conditions variables selon les agences, cette assurance permet de réduire la caution – souvent autour de 500 AU $ – et vous offre une protection intermédiaire.

–       L’assurance tous risques avec rachat de franchise – Naturellement plus chère, cette assurance se veut complète (ou presque) et vous dispense de caution.

A noter ici que les assurances des comparateurs se révèlent souvent « bien moins chères, tout en étant autant voire plus performantes, que celles des agences de location », soulignent Ninon et Kévin, qui ont payé 640 AU $ via Motorhome Republic contre 1400 AU$ via l’agence Hippie Camper.

Conclusion : n’hésitez pas à comparer et faire jouer la concurrence pour tirer le prix vers le bas. Mais soyez toujours vigilants sur les conditions du contrat : le diable se cache dans les détails !

Le stationnement est plus réglementé sur la côte Est que sur le littoral Ouest. ©️http://myriametluc.uniterre.com/

Quels équipements ?

Le choix du modèle dépendra pour beaucoup du budget et des besoins de chacun, en termes de places route et places nuit par exemple, mais aussi de rangements et d’équipements.

–       Pour éviter d’alourdir la note, on conseillera de se passer de GPS, facturé généralement entre 5 à 15 AU $ / jour, ou alors d’emporter le sien. « Le GPS n’est pas nécessaire, selon nous, car le van est équipé de cartes routières et les routes sont souvent uniques, surtout dans le bush (ou savane, NDLR) », arguent Myriam et Luc Maret. « Un smartphone avec l’application maps.me suffit amplement », soufflent de leur côté Ninon et Kévin.

–       Et pour bénéficier d’une bonne couverture Internet à moindres frais, les deux backpackers ont trouvé la solution : la box wifi, qui se présente sous la forme d’ « un petit boitier rechargeable, avec carte SIM de téléphone et qui coûte entre 20 et 40 AU $. » Ce boitier permet de se connecter en wifi, 3G ou 4G partout en Australie, Telstra étant réputé pour avoir la meilleure couverture.

–       Pour ceux qui partent sur plus de trois semaines, le couple recommande également de « refuser les ajouts comme la table et les chaises de camping ». La raison ? « Vous pouvez les acheter neuf au même prix – voire moins cher –  dans n’importe quel magasin type Kmart et les revendre à la fin du périple », assurent les deux aventuriers. Idem pour la bouteille de gaz et le réservoir d’eau, plus chers en agence qu’ailleurs.

–       Inutile par ailleurs de faire des courses avant la réception du van, on trouve régulièrement dans les agences de location toutes sortes de comestibles et autres produits d’hygiène (pâtes, riz, café, sucre, épices, huiles, gel douche, papier toilette, éponge…), laissés à disposition par des voyageurs à la fin de leur périple. Il suffira de compléter ensuite.

–       « La douche et les WC ne sont pas vraiment nécessaires dans le van, estiment aussi Myriam et Luc. Vous vivrez le plus souvent dehors, alors, utilisez les toilettes publics ou ceux des campings : il y en a partout sur la route et dans les roadhouses, bien plus propres qu’en France d’ailleurs…. » Un constat partagé par Ninon et Kévin, qui ajoutent : « Vous pouvez aussi vous doucher dans certaines stations services en l’échange d’une petite pièce ou gratuitement, comme chez Caltex ». Sur la côte, les douches de plage sont une autre option.

–       Si vous avez loué un petit van, « prévoyez aussi des bagages souples, plus facile à ranger dans le coffre », conseille Luc.

–       Aussi, si vous prévoyez de sortir franchement des sentiers battus, d’explorer l’outback ou désert australien, n’hésitez pas à envisager une version 4×4. Enfin, selon les contrées visitées et la saison, la température peut vite monter à plus de 40°C et choisir un véhicule avec climatisation s’avérera simplement nécessaire.

2 – LA CIRCULATION

Quelles formalités ?

–       Pour conduire en Australie, il vous faudra tout d’abord demander à la préfecture le permis international. Prévoyez en général entre un et deux mois pour l’obtenir.

–       Sur place, l’âge minimum requis pour conduire varie selon les États : de 16 ans et demi dans les Northern Territory à 18 ans dans le Victoria.

–       La location est, elle, souvent réservée aux personnes de plus de 21 ans. Toutefois, il est possible, avec certaines agences, de louer des vans compacts, pour deux ou trois personnes, dès 18 ans. Il suffira de payer une taxe additionnelle (et de présenter, pour les Australiens, un « Full driver licence » ; statut de permis obtenu à la fin des 2 à 3 ans de période probatoire). La caution s’avère aussi généralement plus chère lorsque l’on a moins de 21 ans.

La prise en main du van et la conduite à gauche demandent un peu de temps. Prévoyez un délai d’apprentissage. 

Conduire à gauche, c’est risqué ?

–       En Australie, comme au Royaume-Uni, la conduite s’effectue à gauche de la route. Ce qui nécessite un temps d’ajustement plus ou moins long…  « Il faut au moins une heure pour s’adapter à la conduite à gauche, assure ainsi Steeve. Pour ma part, j’ai commencé seul et dans une grande ville ; ce qui ne facilite pas la prise en main. Pour se faire au gabarit du van tout comme au volant à droite, je conseille de s’entraîner un peu sur un parking. Et attention, lorsque vous ne rencontrez personne sur la route, à ne pas conduire à gauche machinalement… comme ça  m’est arrivé un matin ! »

Il faudra aussi se faire au levier de vitesses, qu’on manipule de la main gauche. « On se fait très vite à la conduite à gauche, rassure Luc. Le plus difficile selon moi n’est pas de prendre un rond-point par la gauche, comme on pourrait le croire, mais de tourner à droite au carrefour ». Et l’expérimenté voyageur d’ajouter : « Au début, vous ferez souvent fonctionner les essuie-glaces au lieu du clignotant. C’est comme ça que les Australiens reconnaissent les touristes européens ! » Prévoyez de récupérer votre van assez tôt pour avoir le temps de vous équiper en ustensiles et aliments et vous éviter une prise en main à la nuit tombée.

Quels pièges à éviter ?

–             Pensez à faire le plein régulièrement pour éviter les pannes. « Pour les pompes à essence, il y a l’appli ‘Fuel Map Australia’, relèvent Ninon et Kevin. Vous serez ravi d’avoir cette application lors de vos longs trajets. » Une recommandation qui prend d’autant plus d’importance si l’on s’aventure loin des côtes, en plein outback ou désert australien par exemple. « J’ai déjà roulé près de 3h sans croiser la moindre station, glisse Steeve, qui poursuit. Si vous voulez voir du pays et faire beaucoup de route comme moi, je recommande aussi de prévoir … beaucoup de musique ! » Pays continent, l’Australie est en effet grand comme 14 fois la France.

–       Si vous restez quelques semaines, oubliez l’idée de tout visiter ! « Vous ne verrez pas l’Australie en une fois. La preuve : nous y sommes allés 4 fois et dans des régions différentes !, insiste Luc. Faites des choix, surtout si vous ne disposez pas de beaucoup de temps (…). Partez tôt le matin, comme les Australiens, pour mieux profiter de votre journée, et arrêtez-vous vers 17h. Essayez de ne pas faire plus de 200 à 300 km / jour », préconise-t-il. Selon la durée du séjour, mieux vaut en effet se concentrer sur une partie du pays d’Oz et prendre son temps pour profiter des étapes. C’est l’esprit « VanLife » !

–       Par ailleurs, on vous le répétera certainement sur place, mais évitez de conduire de nuit hors agglomération. Les routes y sont rarement équipées de barrières de protection et d’éclairages et les accidents avec des animaux sauvages  – pour l’essentiel des kangourous – sont fréquents. D’ailleurs, certaines agences de location interdisent de rouler durant la nuit ; les assurances étant caduques dans ce cas là.

–       Prudence aussi sur la route, où la vitesse est très contrôlée et les radars se montrent discrets. « Comme aux Etats-Unis, la police australienne est très stricte sur les limitations et les Australiens en sont très respectueux, rappelle Luc. On en a fait les frais d’ailleurs, avec une amende de 120 euros pour une vitesse de 69 km/h au lieu de 60km/h… »

–       Attention, enfin : les péages se payent principalement sur Internet ou par téléphone, dans un délai variable selon les Etats (entre 2 et 10 jours généralement). Des panneaux vous avertissent lorsqu’une route est payante et votre plaque d’immatriculation est flashée si vous l’empruntez. Ne tardez pas trop ensuite : les pénalités s’envolent si vous laissez l’agence chez qui vous êtes immatriculés régler l’addition.

©️Australie_à_la_carte
3 – LE STATIONNEMENT

Quels points d’étape ?

–       Dans un pays où les vans et camping-cars sont rois, il est très facile de trouver un point de chute pour dormir. « Il y a pas mal d’aires – la plupart sont payantes – et elles sont bien indiquées par la signalétique, se souvient Steeve. J’ai toujours réussi à trouver un endroit où dormir à la dernière minute, au moment d’arriver à destination. » A chacun sa stratégie ensuite : Ninon et Kévin ont opté, eux, pour une application dédiée aux voyageurs. « Avec l’aide de WikiCamp, trouver un petit coin sympa pour passer la nuit est un jeu d’enfant », soutiennent-ils. D’autres recommandent CAMPERMATE, une application gratuite offline qui référence les emplacements des campings, les stations de vidange, les toilettes publiques, les hébergements, les alertes routières, les laveries automatiques, le wifi gratuit… Pour connaître les attractions, activités et campings gratuits d’Australie, il y a également l’application Australia Free, payante mais fournie en bons plans et complétée en permanence par un bourlingueur aguerri.

–       Reste aussi la bonne vieille méthode de la carte. S’il existe des guides – offerts dans les campings – avec cartes détaillées et adresses de tous les « Caravan Parks » par Etat, on gagnera quand même du temps à disposer d’un GPS ou d’applications de téléchargement de cartes ne nécessitant pas Internet (type map.me).

–       A savoir aussi : ceux qui ont opté pour une agence de location ont très souvent accès à des réductions dans certains campings ou chaînes de campings. Renseignez-vous !

–       Gare enfin aux amendes de stationnement de nuit ! Dans les zones identifiées par des panneaux « No camping » (ne vous fiez pas au logo avec une tente !), bien souvent situées dans les grandes villes, elles peuvent atteindre près de 500 AU $. Un sacré imprévu dans un voyage de quelques semaines ! « Essayez au maximum de dormir à l’extérieur des villes, les campings y sont moins chers voire gratuits », conseillent Ninon et Kévin.

Quels services ?

–       Les aires de services ou Caravan parks, qui s’apparentent pour la plupart à des campings, donnent toutes accès accès à des bornes de recharge en électricité, des plateformes de vidange des eaux ou encore des sanitaires. Le prix varie le plus souvent entre 20 et 40 AU $ par nuit.

–       Parmi les bonnes surprises : des barbecues électriques sont mis à disposition du public gratuitement sur de nombreuses plages et aires de services. Il n’y a qu’à laisser l’endroit aussi propre qu’on l’a trouvé.

–       Pour les petits vans, l’autonomie en électricité est généralement de quelques jours. « Notre agence de location nous a conseillés de le brancher tous les deux jours, ce que l’on a fait. Et lorsque l’on est arrivés chez nos amis, il est resté cinq jours sans recharge, alors que le frigo tournait en permanence… Nous aurions su ça plus tôt, nous aurions fait une sacrée économie », notent Ninon et Kévin.

Quelques autres liens utiles :

–       https://www.australie-guidebackpackers.com/road-trip-australie-se-preparer/

–       https://au.ambafrance.org/-Consulat-general-a-Sydney-

STEEVE

Australie Steeve
Steeve

Directeur d’une agence de guides touristiques à Paris, Steeve Calvo est parti fin 2015 en Australie et Nouvelle-Zélande pour une expérience d’un mois en van Toyota Hitop. Un road-trip entre surf et route des vignobles, qui l’a conduit de Melbourne à Perth, en passant par Apollo Bay et Adélaïde.

NINON & KEVIN

Ninon Kevin Backpackadeux
Ninon Kevin Backpackadeux

Pour Ninon, graphiste d’origine normande, et Kevin (alias « Keuvin »), marin pêcheur breton, la fièvre voyageuse est née en 2013 après un premier voyage en Indonésie. Le couple mûrit alors le rêve de faire le tour du monde. Ce qu’il concrétise en 2016/2017, à travers un périple qui le conduit de l’Amérique à l’Océanie en passant par l’Asie. En guise de « carnet de voyage virtuel », remplaçant l’album-photos, Ninon et Kevin créent le très documenté blog backpackàdeux. Après un bref retour en France, les deux voyageurs de 27 ans ont déjà la bougeotte et décident de repartir fin 2017. Devinez où ? En Australie, grâce au visa travail/vacances (Working Holiday visa) !
www.backpackadeux.com

MYRIAM & LUC

Myriam Luc Uniterre
Myriam Luc Uniterre

Ce couple de sexagénaires a pris goût aux voyages en duo en 2003, après un premier périple en camping-car de deux mois en Australie. Fascinés par le pays, Myriam et Luc y retourneront trois fois par la suite : en 2007, 2010 et 2012, toujours en camping-car et/ou van aménagé. Leur soif de découvertes les a conduits dans une quarantaine de pays (Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, Etats-Unis, Canada,…). Toutes leurs aventures sont racontées dans un blog, fourni en conseils, bons plans et astuces de voyages et agrémentés de vidéos.
http://myriametluc.uniterre.com/

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