Nos amis voyageurs n’échappent pas à la crise sanitaire que nous traversons actuellement. Selon qu’ils soient en France ou à l’autre bout du monde, ils ont dû s’organiser en urgence et prendre les décisions quant à la conduite à tenir.

Fourgonlesite a lancé un appel à ses contributeurs réguliers pour savoir comme ils vivaient cette période délicate. Ils ont pris la plume pour nous raconter où ils se trouvent, les choix qu’ils ont fait et comment ils envisagent de reprendre la route à l’issue de ce confinement.

Des fenêtres sur le monde – Joana et Éric

Originaires de Marseille, Éric et Joana – tous les deux architectes – ont pris un billet d’avion pour le Canada en juin 2015. Objectif : acheter un van au Québec et traverser l’Amérique du Nord. Depuis, ils parcourent le continent et ont également visité le Mexique, le Guatemala et le Belize.

Confinement dans le désert d’Anza Borrego, en Californie.

Il y a encore quelques jours, nous étions en Californie prêts à traverser la frontière pour le Mexique avec notre van pour continuer notre aventure sur la Panaméricaine. Puis tout est allé très vite. Les informations n’ont cessé d’affluer et d’évoluer, remettant tout en question heure après heure. Les derniers jours ont été très éprouvants émotionnellement, nous avons dû changer nos plans et rentrer d’urgence en France. Quitter notre maison (sur roues) et prendre un avion pour l’hexagone n’était pas une option mais s’est avérée être notre seule solution !

Avant que les choses ne s’accélèrent, nous nous étions réfugiés dans le désert afin de de nous isoler au maximum mais nous ne savions pas encore que les interdictions pleuvraient autant et que l’avenir deviendrait incertain. La distance sociale est facile à gérer avec notre mode de vie mais se confiner en van sans accès immédiat à l’eau et sans pouvoir se déplacer dû aux interdictions est impossible. Certes la Vanlife nous offre une certaine autonomie mais ce n’est pas gérable de stocker eau et nourriture pour un temps infini. Nous avons tout de même besoin de nous ravitailler régulièrement et donc de nous déplacer. Être bloqué dans un pays étranger en van en cette période n’est donc pas chose facile quand tous les bons paramètres ne sont pas réunis.

La situation a également empiré aux USA à une vitesse incroyable. Tout a rapidement fermé (magasin, campings, aires de vidange,…) et même camper en pleine nature est devenu interdit. De plus, nos visas aux USA se terminant bientôt, nous ne pouvions pas faire de demandes pour les prolonger car avec la situation les administrations responsables sont closes et les frontières terrestres avec le Mexique et le Canada ont fermé du jour au lendemain. Nous n’avions plus le choix et cette vie/confinement en van devenait impossible. Le consulat ne pouvait rien pour nous et nous a juste conseillé de prendre un avion pour la France avant une certaine date après quoi il serait trop tard…

Pas d’endroit où se poser et l’illégalité de notre présence dans quelques semaines comme seules certitudes, nous avons trouvé un des derniers billets d’avion pour la France et par chance un box pour notre van à la dernière minute du côté de Las Vegas qui est d’ailleurs totalement désertique… Tout s’est passé très vite et nous sommes maintenant confinés dans une maison sans roues et plus grande sans pouvoir voir nos familles, car nous ne voulons prendre aucun risque après avoir transité par trois grands aéroports.

Ce qui est difficile c’est que nous avons dû quitter notre chez nous, notre repère, le cocon que représente notre van. Alors que depuis cinq ans nous sommes en permanence dehors et que le monde est notre maison, nous sommes maintenant confiné entre quatre murs qui ne sont pas les nôtres. Cette situation n’est évidente pour personne et certains vivent des moments bien plus difficiles alors nous sommes reconnaissants d’être là où nous sommes actuellement.

Il faut du temps et une action collective pour enrayer ce virus et nous espérons que cela sera derrière nous tous très vite. Après quoi, on l’espère, nous retrouverons notre maison sur roues et reprendrons la route. Parce que même si tout est flou à l’heure actuelle et l’avenir une grande interrogation, notre amour pour le monde est toujours là, la route reste notre chez nous et nous croyons qu’après tout ça l’humain aura besoin encore plus que jamais de se reconnecter à l’autre, même si cela risque de prendre du temps et d’être difficile…

Retrouvez Joana et Éric sur fourgonlesite :

Fourgons & vans de légende : le Volkswagen T3

 

Recre-o-tour-du-monde – Johanna et Florian

Johanna et Florian sont deux angevins de pas encore trente ans, partis pour un tour du monde en Combi VW T2. Après avoir parcouru l’Europe de l’Est puis la Russie, ils ont traversé l’océan Pacifique pour rejoindre l’Amérique du Sud.

Suite à un problème de boîte de vitesses sur notre combi, nous avons été stoppés à environ 1000 km au sud de Buenos Aires, en Argentine. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à entendre parler de plus en plus du virus en Amérique du Sud. À partir de là, nous avons dû prendre une décision très rapidement. Après quelques conseils de voyageurs sur place et suite aux fermetures progressives des frontières de plusieurs pays d’Amérique du Sud, nous avons pris la décision de laisser notre véhicule en lieu sûr afin de rejoindre la France au plus vite. Par chance, aucun de nos vols n’a été annulé, contrairement à ce qu’ont vécu un grand nombre d’Européens encore bloqués aux quatre coins du continent sud-américain.

Nous ne regrettons pas notre choix car le pays est à présent en confinement et les Européens sont vus comme des pestiférés en Argentine. Notre retour en France a soulagé nos familles, rassurées de nous savoir revenus après dix mois de voyage. Mais ce retour n’est qu’une parenthèse dans notre road-trip ; nous avons d’ores et déjà nos billets retour pour l’Argentine en septembre 2020 !

Retrouvez Johanna et Florian sur fourgonlesite :

Johanna et Florian partent autour du monde en Combi VW
Un Combi T2 au pays des Soviets
Achat d’un van d’occasion en Australie – ce qu’il faut regarder

 

Roammates – Clémence et Thomas

Clémence et Thomas sont deux jeunes digital nomads qui vivent et travaillent sur la route depuis plus de deux ans. Auteurs de plusieurs guides, ils ont participé deux fois à Drive Your Adventure, d’abord en Norvège puis au Portugal. Ils sont actuellement en Inde. 

Pondichéry aussi est soumis au confinement. Les rues sont désertes.

Après trois semaines entre amis à visiter le sud de l’Inde en minibus, trois semaines durant lesquelles nous avons observé de loin l’Europe tomber sous le joug du coronavirus, nous nous sommes retrouvés bloqués à Pondichéry. En 48 heures, tous les vols ont été annulés les uns après les autres, laissant place à quelques solutions controversées. Au consulat, on nous annonçait qu’il fallait rentrer en France par nos propres moyens mais les compagnies aériennes, pour celles qui n’étaient pas injoignables, augmentaient les prix des rares vols maintenus. Et surtout, les frontières fermant et les aéroports avec elles, beaucoup d’entre nous ont préféré rester sur place plutôt que de risquer une immobilisation en transit dans une ville inconnue, sans contact, sans repère…

S’en est suivie une période de confinement test puis un confinement strict à partir du 22 mars. Là encore, difficile de trouver des interlocuteurs fiables, de démêler le vrai du faux quant aux mesures mises en place (commerces encore ouverts, conditions de sortie, sanctions en cas de non-respect…). Toutes les infos que l’on reçoit des médias locaux, européens, des proches, des autres voyageurs et même des ambassades sont souvent approximatives voire contradictoires…

À ce jour, il semblerait que le gouvernement français soit en train de mettre en place les rapatriements de ses ressortissants mais notre consulat n’en a toujours pas les détails… donc on attend patiemment et vivons notre confinement avec un couple d’amis (vanlifers également). Dans notre malheur, l’un d’eux étant originaire d’ici, sa famille nous a mis à disposition un appartement le temps nécessaire. Pour le moment, nous avons donc le minimum mais l’essentiel pour le quotidien (eau, électricité et gaz) et nous nous occupons du mieux possible tous ensemble dans un espace réduit… Finalement, c’est un peu comme si la vie en van nous avait préparés à ça !

Retrouvez Clémence et Thomas sur fourgonlesite :

En route vers la Norvège en Marco Polo
Les carnets de Clémence & Thomas #2 : la Suisse, au cœur de l’hiver
Les carnets de Clémence & Thomas #1 : la Norvège
Les carnets de Clémence & Thomas #3 : menus plaisirs en Italie
Les carnets de Clémence et Thomas #4 : entre Normandie et Bretagne
Les carnets de Clémence et Thomas #5 : en route vers le Danemark
« La Norvège en van », premier guide thématique de voyages en van

 

Coucou Liberté – Maggy et Gilles

Gilles, 35 ans, est motion designer. Maggy, 36 ans, est graphiste et illustratrice. Depuis un peu plus de dix-huit mois, ils vivent à temps plein dans le Mercedes 410D qu’ils ont aménagé eux-mêmes. Leur chat Minoutte et leur Honda XLS 250 les accompagnent sur les routes d’Europe.

Gilles et Maggy sont seuls ou presque sur leur aire Camping-Car Park.

En ce moment, nous sommes sur une aire Camping-Car Park, proche de Perpignan. Il n’y a désormais plus que deux véhicules sur ce grand terrain.  Ce confinement ne change pas grand-chose à nos habitudes pour l’instant.
Nous traversions une grosse période de travail depuis la fin d’année dernière et, dans la mesure où nous ne sommes pas autonomes en électricité, stationner sur une aire de manière prolongée est une habitude pour nous en ce moment.

Les choses commencent à devenir plus calme côté boulot. Du coup, nous en profitons pour finir quelques projets personnels qui nous tiennent à cœur ou nous perfectionner sur certaines techniques pour nos métiers respectifs.
Pour notre retour en France, nous avions prévu de participer au Vanlifest, de nous occuper du camion en faisant quelques travaux de peinture, en l’équipant de panneaux solaires et en faisant le contrôle technique. Nous devions aussi passer du temps en famille pour fêter les 90 ans de la grand-mère de Maggy, mettre à jour les vaccins pour de notre chat Minoutte, refaire nos passeports… Une fois tout cela fait, nous devions ensuite reprendre la route vers l’est de l’Europe. Ce n’est que partie remise !

 

 

Sourires autour du monde – Marie et Corentin

Marie et Corentin ont les voyages dans le sang. Après avoir parcouru le monde sac au dos, ils se sont lancés dans un périple autour du globe en fourgon au printemps 2018. Objectif : immortaliser les sourires des gens qu’ils rencontreront avec leur Polaroid et se faire les ambassadeurs du syndrome d’Usher, la maladie génétique dont est atteinte Marie.

Nous sommes présentement à l’aéroport de Montréal en direction de la France. Nous avons laissé notre camion dans une grange au Québec en attendant que la situation s’arrange. Nous souhaitions traverser le continent américain du nord au sud mais la frontière américaine s’est fermée sous notre nez. Impossible de rester au Canada dans le camion à cause du gel qui nous interdit d’avoir de l’eau. Voyant la situation se compliquer, nous avons fait le choix de rentrer en France et de nous isoler à la campagne. On attendra le temps qu’il faut à l’abri, puis nous reprendrons la suite de nos pérégrinations.

Retrouvez Marie et Corentin sur fourgonlesite :

Le tour du monde de Marie et Corentin
Les carnets de Marie et Corentin #1 : l’Iran

 

Funwagen – Ben et Jozette

Ben voyage à travers les Amériques à bord de “Jozette”, un Volkswagen T3 qu’il a entièrement retapé. En route vers le Panama, il est actuellement à l’arrêt dans l’État mexicain de Nayarit.

 

L’épidémie ne connaît pas de frontières et n’a pas épargné mon aventure panaméricaine. Après sept mois à un rythme soutenu – 20000 kilomètres qui m’ont emmené de l’Alaska à la côte Pacifique mexicaine –, je suis sédentaire depuis près de trois semaines.

Lorsque les premières quarantaines ont été imposées en Europe, j’ai décidé de rester sur la côte autant que nécessaire, et bien avant que le gouvernement mexicain ne se décide à préconiser de telles mesures. Au camping sauvage dont j’ai l’habitude, j’ai préféré le confort en m’installant dans un camping aménagé dans un petit village de pêcheurs, avec accès à tout ce qu’il faut pour les semaines à venir (y compris les proches hôpitaux de Puerto Vallarta si nécessaire).

J’espère pouvoir reprendre mon voyage avant que mon visa n’expire dans trois mois. En attendant, je mesure ma chance et profite d’un confinement ensoleillé entre surf, lecture et cuisine.

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